Le télétravail rendu obligatoire par le confinement affecte la santé psychologique d’une partie des salarié.e.s. Des femmes plus que des hommes

« Après quelques semaines de confinement et de télétravail, le bien-être psychologique des salarié.e.s s’est largement dégradé en perdant 10 points par rapport à 2016 » affirme sans détour le cabinet conseil Empreinte Humaine en analysant les résultats d’une enquête demandée à Opinion Way. L’institut de sondage a réalisé, en ligne, une première enquête d’un baromètre sur l’ « Impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés ». 2003 salarié.e.s représentatifs des télétravailleurs français ont été interrogés du 31 mars au 8 avril 2020.

Et beaucoup d’entre eux craquent déjà ! « 44% des salariés sont en situation de détresse psychologique et ¼ présente un risque de dépression nécessitant un accompagnement » note l’étude. Empreinte Humaine, spécialiste en prévention des risques psychosociaux, en appelle « à une véritable prise de conscience des pouvoirs publics et des entreprises. La crise sanitaire a pris de court toute la société, les entreprises y compris. Mais elle n’exonère pas de notre responsabilité en tant qu’employeur en matière de protection de la santé de leurs salariés. Après les gestes barrières, il convient de mettre en place des actions pour la sécurité psychologique » affirment les dirigeants du cabinet Christophe Nguyen et Jean-Pierre Brun.

Parmi les 44% de salariés en détresse psychologique, cette détresse est, pour 27 % modérée et pour 18 % élevée. Mais ce 18 % est une moyenne. En réalité, ce sont 22% de femmes qui sont en détresse élevée et 14 % d’hommes. « Charge mentale alourdie et cumul des rôles obligent, les femmes sont plus impactées par le confinement » dit sobrement le communiqué…. Qui enchaîne illico sur un autre point : « les managers sont particulièrement exposés puisque 20% d’entre eux vivent une détresse psychologique élevée »

Autre raison de stresser : l’espace. Seulement 45% des salari.e.és peuvent s’isoler toute la journée pour travailler. 60% travaillent dans leur salon, 25 % dans une pièce fermée n’étant pas dédiée à y travailler (chambre, salle de jeux, etc.). 24,6% des personnes vivant dans un logement de 40 m2 sont dans une détresse psychologique élevée. Contrairement à une idée reçue, les personnes confinées en couple (20%) ou avec un enfant (22%) vivent une détresse élevée plus importante que les autres. Question d’équilibre des vies en situation de confinement avance le cabinet

Du coup, la motivation se détériore chez 25 % des salarié.e.s. Et cette détérioration est de plus grande ampleur chez les femmes (30%), chez les salarié.e.s d’Ile-de-France (31%), et pour les salarié.e.s confiné.e.s avec un ou plusieurs autres proches (32%). Enfin, les personnes exprimant une détresse élevée considèrent que leur performance s’est dégradée de 50%. Le cabinet Empreinte Humaine appelle les dirigeants d’entreprises à suivre ses conseils de prévention.

Voilà qui ne va pas arranger la place des femmes au travail et leur épuisement. Une autre étude a montré qu’elles assumaient bien plus que les hommes le surcroît de travail domestique et familial lié au confinement – qui s’ajoutait à un travail qu’elles assumaient déjà avant le confinement.

NOUVELLES
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *