Illustration d’un prélèvement nasal à la salle Lejeune de Roubaix, dans l’un des six sites de dépistage massif mis en place entre le 11 et le 16 janvier 2021. — G. Durand / 20 Minutes
La campagne de dépistage massif contre le Covid-19 a commencé, ce lundi, à Roubaix et doit se terminer samedi.
Elle doit permettre d’analyser la circulation du virus, après les fêtes, dans une des villes les plus touchées en France, au mois d’octobre.
Chaque cas positif fera l’objet d’une analyse particulière pour détecter la présence ou non du variant anglais du coronavirus.

« Une couleur jaune verte, brillant mais sec ». Alexandre est pharmacien, mais aussi biologiste. Il fait partie de la vingtaine de professionnels qui officient, ce lundi, dans un des six centres de dépistage massif du Covid-19, à Roubaix, dans le Nord : la salle Lejeune dans le quartier des Trois-Ponts. Ce dispositif, mis en place pour six jours, doit permettre d’analyser la circulation du Covid-19, après les fêtes, dans une des villes les plus touchées en France, au mois d’octobre.

« Faire des tests est une vraie passion. Notre travail est vraiment utile », assume Alexandre à 20 Minutes. Et d’un seul coup d’œil sur la tige de prélèvement nasal, il assure pouvoir détecter quelques signes du virus. « A force d’en faire, on retrouve des caractéristiques », explique-t-il.

« Une période charnière »

Ainsi, à la couleur et à la texture de l’excrétion nasale, il se livre souvent à des pronostics. « Et je me trompe rarement », assure le pharmacien roubaisien. D’autant que l’autre particularité, selon lui, est une petite toux sèche du patient lors du prélèvement.

Illustration d’un test antigénique, dont le résultat est disponible en un quart d’heure. – G. Durand / 20 MinutesEn revanche, Alexandre n’est pas encore capable de déceler le variant anglais, objet de toutes les sollicitudes actuellement. « C’est une période charnière pour identifier la présence de ce variant anglais parmi les cas positifs et ce dispositif doit nous y aider », précise Benoît Vallet, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, pilote de cette opération dépistage massif.

Ainsi, chaque test positif révélé à Roubaix doit être automatiquement envoyé au décryptage génétique. D’abord au centre hospitalier de Lille pour un prédiagnostic, puis en fin de semaine, au génopole du commissariat de l’énergie atomique d’Evry, pour un véritable séquençage. Problème : cette double opération prend du temps. Ainsi, deux cas du variant anglais, détectés à Lille fin 2020, n’ont été confirmés que dix jours plus tard.

Situation préoccupante sur le littoral

« Il n’y a aucun autre cas identifié pour l’instant*, mais nous sommes vigilants », souligne Benoît Vallet qui se dit « préoccupé par la situation sur le littoral de la région, où les hôpitaux ont enregistré beaucoup d’entrées, la semaine dernière, atteignant un taux d’occupation des lits de 45 %. »

La sonnette d’alarme est tirée car, depuis l’apparition de virus mutant en Grande-Bretagne, le phénomène de contagion semble s’y être démultiplié. « Les dernières statistiques font état de 5 % de personnes positives au Covid-19 à Londres », s’inquiète Philippe Froguel, chercheur lillois impliqué dans le dépistage massif de Roubaix.

Faible fréquentation

La bonne nouvelle, c’est que seuls trois cas postifs ont été découverts au sein des six sites de tests roubaisiens, lors du premier jour. La mauvaise, c’était que la fréquentation n’était guère au rendez-vous : un pzu plus de 1.000 personnes se sont portées volontaires pour se faire tester, alors que la capacité maximale de tests est de plus de  2.000 par jour.

« Pourtant, il y a eu un grand battage médiatique », affirme Christine, volontaire d’une cinquantaine d’années pour les deux tests antigéniques et PCR. Pour cette Roubaisienne du quartier, se faire tester est avant tout un « acte citoyen » pour « venir à bout du virus ». Alexandra, enseignante dans l’école voisine, a également franchi le pas, mais sans grande conviction : « S’ils font ces tests, c’est qu’il doit y avoir un intérêt ».

* A l’heure où nous écrivions, un chauffeur de poids lourds, testé à Dunkerque, était suspecté d’être porteur du variant anglais.

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