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« On va réussir à ce que les inégalités à l’école n’augmentent pas à cause de la crise »

« On va réussir à ce que les inégalités à l'école n’augmentent pas à cause de la crise »

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« On va réussir à ce que les inégalités à l’école n’augmentent pas à cause de la crise »

C’est sa dernière rentrée scolaire du quinquennat. Et elle ne sera pas de tout repos, à l’heure où la circulation du variant
Delta inquiète les autorités. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a affiché sa volonté de faire perdre « le moins d’heures de cours possible » aux élèves. Pour 20 Minutes, il revient sur les conséquences de la crise du coronavirus sur le niveau des élèves et les actions mises en place par la Rue de Grenelle pour tenter de limiter les
inégalités scolaires. 

Quelles sont les séquelles de la crise du coronavirus sur le niveau des élèves du primaire ?

Les évaluations nationales de CP et CE1 avaient montré en septembre 2020 un petit recul du niveau des élèves par rapport à septembre 2019, en raison du confinement. Mais un rattrapage s’est opéré après le retour en classe, et les évaluations de janvier 2021 ont été rassurantes. Chaque fois qu’elles ont fait apparaître des faiblesses, de l’aide personnalisée a été mise en place. Pour toutes les autres classes de primaire, les professeurs ont d’autres outils d’évaluation en début d’année, qu’ils utilisent librement et qui leur permettent d’organiser l’aide personnalisée pour les élèves qui en ont besoin.

Mais les évaluations de janvier 2021 avaient bien montré que les élèves de REP avaient moins rattrapé leur retard…

Depuis 2017, on a réduit l’écart de niveau entre les élèves d’éducation prioritaire et les autres, notamment grâce à la création des classes à 12 élèves dans ces territoires. A cette rentrée, près de 330.000 élèves bénéficient de ce format de classe dédoublée. Le confinement a pu arrêter provisoirement la réduction de cet écart, mais on est reparti de l’avant, et on en mesurera les résultats avec les évaluations de septembre 2021.

Cette crise n’a-t-elle pas renforcé les inégalités scolaires qui sont corrélées aux inégalités sociales ?

Ce risque est très grand à une échelle mondiale. La moitié des enfants américains ne sont pas allés à l’école pendant environ un an, et les inégalités scolaires s’y sont accrues considérablement. En France, le premier confinement a été un accélérateur d’inégalités, mais depuis, nous avons gardé au maximum les écoles ouvertes en 2020 et 2021, et nous avons poursuivi les politiques volontaristes pour les élèves les plus défavorisés. De ce fait, on va réussir à ce que les inégalités n’augmentent pas à cause de la crise sanitaire.

Jean-Michel Blanquer le 31/08/2021; – J.Witt/ Sipa pour 20 MinutesAvec la fermeture des classes en primaire dès le premier cas de Covid-19, ne craignez-vous pas des ruptures pédagogiques préjudiciables pour les élèves ?

Nous espérons que le nombre de fermetures va rester limité, comme ça a été le cas en 2020-2021, où il est resté en dessous de 0,2 %. D’ailleurs, à la Réunion, qui a fait sa rentrée il y a deux semaines avec un contexte épidémique comparable à celui de la métropole, on est en dessous de 0,2 % de classes fermées. Mais nous restons prudents car différents scénarios sont possibles.

Quels dispositifs de soutien allez-vous proposer en primaire ?

L’aide personnalisée sera mobilisée à plein. Et environ 300.000 élèves ont bénéficié de stages de réussite éducative pendant l’été. D’autres seront organisés lors des vacances de la Toussaint. Par ailleurs, les rectorats mettent en place du soutien scolaire avec les collectivités locales, via des associations ou en finançant des heures supplémentaires aux enseignants.

Les syndicats déplorent le nombre très insuffisant de Rased (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté). Que leur répondez-vous ?

Comme vous le savez, les Rased rassemblent des psychologues et des professeurs des écoles spécialisés. Nous allons ouvrir des recrutements de psychologues scolaires, dont nous avons particulièrement besoin depuis la crise du Covid-19.

Jean-Michel Blanquer le 31/08/2021 – J.Witt/ Sipa pour 20 MinutesCette année, 1.800 postes ont été supprimés dans le secondaire, alors qu’il y aura 36.000 élèves de plus. N’est-ce pas dangereux à l’heure où certains élèves ont des fragilités ?

Au cours de ce quinquennat, nous avons augmenté les budgets de l’Education nationale comme ils ne l’avaient jamais été (+ 6 milliards d’euros). Cela nous a servi à investir dans l’enseignement primaire pour que les élèves arrivent dans le secondaire avec des savoirs consolidés en CM2. Il vaut mieux une classe à 24 plutôt qu’à 23 en 6e si les élèves savent bien écrire et compter. A cette rentrée, 2.000 postes sont créés dans l’enseignement primaire alors qu’il y a moins d’élèves du fait de l’évolution démographique. J’assume pleinement d’avoir consacré une part importante de nos moyens budgétaire à l’enseignement primaire. Nous avons endigué le déclin en français et en mathématiques. Et beaucoup des graines que nous avons semées donneront progressivement des fruits.

Dans le secondaire, nous compensons la perte de postes par des heures supplémentaires. Cela ne doit pas avoir d’impact sur le taux d’encadrement de chaque classe. Rappelons aussi que la démographie scolaire sera en baisse les prochaines années et que cette diminution des effectifs touche déjà les trois premiers niveaux du collège.

Le nombre moyen d’élèves par classe au lycée sera de 30. N’est-ce pas trop important ?

Le taux d’encadrement s’est stabilisé, il ne s’est pas dégradé. Et cette moyenne recouvre des réalités très différentes. En lycée professionnel, les groupes sont plus petits. En lycée général, des disciplines sont souvent dédoublées et les élèves se trouvent souvent en groupe plus restreints en enseignement de spécialité. Ce n’est pas à toutes les heures que les élèves se retrouvent à 30 dans la classe.

Au lycée, certains élèves ont été en hybride au moins la moitié de l’année. Mesurez-vous les effets sur leurs acquis ?

L’hybridation ne s’est pas traduite par un recul général des connaissances, mais un retard a été constaté chez certains. D’où l’aide personnalisée dont ils bénéficieront. Mais rappelons que nous sommes le seul pays de l’OCDE à avoir maintenu les lycées ouverts pendant la crise sanitaire. A cette rentrée, nous prévoyons 1.500 emplois en équivalent temps plein sous forme d’heures supplémentaires, pour mettre en place des plans d’aide personnalisée dans le secondaire.

Pourquoi ne pas revoir les programmes au collège et au lycée pour prendre en compte les difficultés des élèves après le Covid ?

On a tenu compte de la situation sanitaire pour le bac en adaptant les conditions de l’épreuve. Pour cette année qui commence, il est important de maintenir nos ambitions pour les élèves. D’autant qu’avec la réforme du lycée, ils approfondissent leurs enseignements de spécialité, parce que l’on part du principe que l’on travaille plus et avec plus d’envie quand on a choisi ses matières. L’exigence des programmes est plus forte et on ne doit pas perdre ce bénéfice. Cela renforce la valeur du bac.

Jean-Michel Blanquer le 31/08/2021; – J.Witt/ Sipa pour 20 MinutesLe dispositif « Devoirs faits » * a bénéficié à un collégien sur trois l’an dernier, comment améliorer ce ratio ?

Mon objectif est qu’un collégien sur deux en bénéficie. Et que le dispositif profite à davantage de collégiens qui en ont besoin. Il est possible que dans certains collèges, nous allions jusqu’à l’imposer pour des élèves en difficulté. Mais je ne doute pas que le dialogue avec les parents génère des inscriptions volontaires. L’an dernier, nous avons aussi mis en place « e-devoirs faits », par exemple pour que les élèves en milieu rural puissent en bénéficier malgré la problématique des transports scolaires.

A cette rentrée, il manque encore des remplaçants dans certaines disciplines. Pouvez-vous assurer aux élèves qu’ils auront bien un enseignant dans chaque classe ?

Oui, il y aura évidemment un professeur devant chaque classe à la rentrée, sauf pour quelques rares exceptions sur lesquelles les services travaillent. Le problème se posera davantage pendant l’année avec les arrêts maladie dus à la crise sanitaire. Nous aurons des campagnes de recrutement de contractuels et nous encourageons aussi les secondes carrières de cadres qui veulent entrer dans l’Education nationale. D’autant que l’attractivité du métier va être améliorée : en un an et demi, le salaire d’entrée des enseignants est passé de 1.700 à 1.869 euros nets et il prend la direction des 2.000 nets mensuels à court terme.

Quels progrès ont été faits en ce qui concerne l’enseignement à distance depuis un an et demi ?

« Ma classe à la maison » n’a cessé d’évoluer sur le plan technique. En cette rentrée, elle est accessible via une URL individualisée par chaque professeur. Il peut donc gérer sa classe à la maison depuis son ordinateur sans passer par une plateforme commune. Les contenus se sont aussi enrichis. Depuis 2020, des centaines de milliers de professeurs se sont formés sur l’enseignement à distance via Canopé. Quant aux bugs techniques sur les ENT régionaux, ils ont été résolus au bout d’une journée. Mais des systèmes plus robustes vont être créés pour éviter ce genre d’embouteillages. Et l’on doit aussi toujours être attentif aux attaques informatiques.


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