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les gendarmes cherchent des informations sur un tueur en série Allemand
Le tueur en série allemand Martin Ney est suspecté d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom en 2004 — gendarmerie nationale
Jonathan Coulom, 10 ans, a été enlevé à Saint-Brévin-les-Pins en avril 2004. Le corps du garçon a été retrouvé le 19 mai suivant dans un étang de Guérande.
Quatorze ans après les faits, un tueur en série allemand aurait confié à son codétenu avoir enlevé et tué l’enfant. Il a été extradé en France en janvier dernier et mis en examen.
Les gendarmes ont lancé ce mardi un appel à témoin pour recueillir des éléments prouvant qu’il était en France au moment du meurtre.
Dans la nuit du 6 au 7 avril 2004, Jonathan Coulom, 10 ans, était enlevé en pleine nuit d’un centre de vacances de Saint-Brévin-les-Pins, près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Quelques semaines plus tard, son corps était retrouvé, ligoté et lesté d’un parpaing dans un étang proche de Guérande, à 25 km de là. Depuis près de dix-sept ans, une cellule composée de
gendarmes tente d’élucider ce meurtre. Ils ont lancé plusieurs appels à témoins et exploré de nombreuses pistes qui, longtemps, n’ont jamais abouti. Mais l’enquête a connu une accélération soudaine en avril 2018, après qu’un tueur en série allemand
aurait confié à son codétenu avoir tué le petit garçon, originaire du Cher.
Agé de 50 ans, Martin Ney a été remis aux autorités françaises en janvier dernier. Il a été mis en examen pour « meurtre d’un mineur de moins de 15 ans et arrestation, enlèvement et séquestration ou détournement arbitraire de mineurs de moins de 15 ans ». Avant d’être transféré à Nantes, celui que les médias allemands surnomment le « Schwartzman » (l’homme noir) était incarcéré à Celle, en Basse-Saxe (nord-ouest de l’Allemagne), où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour le meurtre de trois garçons et plusieurs agressions sexuelles. Arrêté
à Hambourg en 2011, il avait reconnu avoir tué Stephen Jahr en 1992, Dennis Rostel en 1995 et Dennis Klein 2001, des enfants âgés de 8, 9 et 13 ans qu’il avait enlevés dans un internat, une école et un campement près de Brême.
Un homme à la « stature imposante »
En revanche, au moment de son arrestation, il avait nié être le meurtrier du petit Français, que ses parents surnommaient « cow-boy ». Après ces aveux indirects fragiles, les gendarmes cherchent des éléments prouvant que Martin Ney a bien séjourné en France, et notamment en Loire-Atlantique, entre 1990 et 2011. Ce mardi, ils ont donc lancé un nouvel appel à témoins accompagné de trois photos de cet homme à la « stature imposante », mesurant près de deux mètres. Ils recherchent « toute information même anodine susceptible de faire avancer l’enquête et d’aider la famille de ce petit garçon à découvrir la vérité ». Peut-être quelqu’un se souviendra-t-il avoir « loué ou prêté un hébergement » à cet ancien éducateur.
« Il s’agit de ne pas passer à côté d’un élément qui permettrait de le confondre », nous confie une source proche du dossier. Martin Ney aurait aussi confié à son codétenu avoir égaré au moment des faits un sac à dos en cuir marron, « possédant des poches ainsi qu’un lacet sur le dessus pour le fermer ». Pour le retrouver, les gendarmes regroupés au sein d’une cellule d’investigations, baptisée « disparition 44 », avaient également lancé un appel à témoin en avril 2018.
❗️#AppelÀTémoins lancé par les gendarmes de #LoireAtlantique suite à l’enlèvement et au meurtre du petit Jonathan en avril 2004. Les enquêteurs recherchent des témoignages sur un sac à dos qui aurait pu être découvert dans les environs de #SaintBrévinLesPins ou de #Guérande. pic.twitter.com/0H6m4AvmLM— Gendarmerie nationale (@Gendarmerie) April 6, 2018
Les enquêteurs ont exploré de nombreuses pistes depuis la disparition de Jonathan en 2004. Celle du tueur allemand est étudiée « depuis le départ », nous explique l’avocate de la mère de Jonathan, Me Catherine Salsac. Alors que le « Schwartzman » n’avait pas encore été arrêté de l’autre côté du Rhin, « les enquêteurs allemands avaient interpellé leurs homologues français sur les similitudes entre les faits commis en Allemagne et ceux commis à Saint-Brévin ».
« L’espoir » d’un procès
Mais à l’époque, les gendarmes privilégiaient plutôt « la piste locale », poursuit Me Salsac. Aujourd’hui, sa cliente garde « l’espoir » que le « véritable coupable » du meurtre de Jonathan soit jugée, un jour, devant une cour d’assises. « Elle veut connaitre la vérité, savoir, même si c’est horrible, ce qui a été fait à son enfant », souligne l’avocate. « Elle ne fermera jamais le livre mais au moins un chapitre de cette dramatique histoire. »
20 secondes de contexte
Les personnes disposant d’informations peuvent les communiquer à la gendarmerie en envoyant un mail à cellule-disparition-44@gendarmerie.interieur.gouv.fr ou en envoyant un courier à Cellule Disparition 44- BP 33284 – 35032 RENNES CEDEX.
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