Et maintenant ? Il n’y a « pas de reprise épidémique », notait encore mercredi Santé Publique France. Pourtant, la troisième phase du déconfinement n’est prévu que le 22 juin. Trop tard, clament des voix de plus en plus nombreuses, chez les politiques et dans le patronat, notamment. « Prudence », répond le gouvernement.

Macron va (encore) parler

Une nouvelle fois, le président de la République va nous parler. Ce sera la troisième allocution d’Emmanuel Macron depuis le début de la crise.

L’intervention télévisée aura lieu dimanche.

Elle interviendra deux jours après la tenue vendredi à l’Elysée d’une réunion du conseil scientifique puis d’un conseil de défense sur les questions sanitaires, qui permettront de décider de la suite du déconfinement.

Ce qui va changer le 22 juin

La troisième étape du déconfinement est maintenue au 22 juin. Elle doit permettre, en Île-de-France, la Guyane et Mayotte encore en zone orange, aux restaurants d’exploiter davantage que leurs seules terrasses ainsi que la réouverture des cinémas et des salles de spectacle.

« Prudence et sérieux »

Cette date pourrait-elle être avancée ?

«Même si l’épidémie est maîtrisée, le virus circule toujours sur le territoire national», a expliqué la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à la sortie du Conseil des ministres mercredi.

«Nous avançons avec beaucoup de prudence et de sérieux», a-t-elle insisté.

Ils appellent au « retour à la normale »

Le Conseil scientifique a déclaré la situation sanitaire «sous contrôle» et plusieurs voix se sont levées pour que le gouvernement embraye. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lui a demandé de «réviser les protocoles sanitaires s’appliquant en entreprise» pour permettre un «retour à la normale» rapide.

Lundi l’Umih, principal syndicat du secteur de l’hôtellerie-restauration, avait demandé que cafés, bars et restaurants d’Ile-de-France, de Guyane et de Mayotte puissent «rouvrir rapidement».

Côté politique, la maire PS de Paris Anne Hidalgo a réclamé : «Si les indicateurs relatifs à l’évolution de l’épidémie sont au vert, il faut qu’on passe au vert».

Deux conseils de défense

Sibeth Ndiaye a cependant précisé que deux conseils de défense «spécifiquement consacrés à la question sanitaire» se tiendraient vendredi et la semaine prochaine, qui «nous permettront de voir ce qu’il est possible de faire évoluer dans la perspective du 22 juin».

Une manière de montrer que le gouvernement est prêt à réviser sa position.

Réouverture anticipée des restaurants ?

Dès mardi, le secrétaire d’État en charge du tourisme Jean-Baptiste Lemoyne avait indiqué que les restaurants d’Ile-de-France pourraient rouvrir «un peu plus tôt que le 22 juin» si la situation sanitaire évolue favorablement.

L’école, le tracas

Autre sujet brûlant, l’école, tout autant pour permettre aux parents de reprendre le travail posté que pour des raisons éducatives. Or selon les derniers chiffres du ministère, seulement 1,8 million d’écoliers – sur un total de 6,7 millions – sont retournés à l’école et rarement à temps complet.

Dix-sept maires franciliens de gauche, regroupés dans une coordination «bouclier anti-covid», ont écrit au Premier ministre mercredi pour plaider «un retour à l’école le plus rapidement possible pour nos enfants» pour éviter de «lourdes conséquences en terme de socialisation, de suivi scolaire ou encore de lutte contre les inégalités de destins».

Fin de l’état d’urgence le 10 juillet

Le gouvernement souhaite mettre fin le 10 juillet à l’état d’urgence sanitaire instauré fin mars, en insistant sur «l’évolution à ce stade positive de la situation sanitaire». Une décision qui pourrait en appeler d’autres.

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