Comme attendu, le déconfinement a vu une remontée de la pollution de l’air, notamment en Ile-de-France.

Pourquoi c’est important ? La baisse de la pollution était une bonne nouvelle tant pour les Français que pour l’environnement.

Que s’est-il passé durant le confinement ? Pendant le confinement, les émissions, notamment celles liées au trafic routier, «avaient connu une chute brutale et sans précédent, (…) divisées par 4 par rapport aux niveaux pré-confinement» en Ile-de-France, rappelle Airparif, qui surveille la qualité de l’air dans la région capitale.

« L’exposition de la majorité de la population des grandes agglomérations au dioxyde d’azote baisse de 10 à 25 % (quantification réalisée sur la première journée de mise en oeuvre du confinement), et dépasse les 25 % à proximité des grands axes routiers », expliquait, pour sa part, l’organisme de surveillance de l’air dans le Grand Est.

L’organisme de surveillance de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes ne disait pas mieux : « Dès le début du confinement, une nette diminution des taux d’oxydes d’azote a été observée, de l’ordre de 50 à 70 % selon les territoires, en lien avec la baisse spectaculaire du trafic routier. »


Infographie Atmo-Auvergne- Rhône-Alpes

Les associations de surveillance en difficulté

Le réseau national des 18 AASQA rencontre d’importantes difficultés de financement et a alerté le Premier ministre Edouard Philippe dans une lettre, souhaitant l’octroi d’une «subvention exceptionnelle» de trois millions d’euros.

Ils alertent sur le fait que leur modèle économique – subventions d’Etat, des collectivités et dons défiscalisés des entreprises soumises à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) – est «fragilisé», notamment par la baisse de cette troisième source de revenus.

Or «les missions demandées à nos associations ne cessent de croître», alors même que «la part réglementaire (de leur travail) n’est aujourd’hui pas totalement compensée par l’Etat,» a déclaré Guy Bergé, président de la fédération du réseau, Atmo France, estimant à quelque 4 millions le manque à gagner sur la TGAP.

Et depuis le déconfinement ? «Sur la période du 11 au 31 mai, la reprise progressive des activités, et particulièrement du trafic, a conduit à une remontée des quantités de polluants rejetés dans l’atmosphère pour les oxydes d’azote (polluant essentiellement émis par le trafic routier, ndlr) et les particules (PM10 et PM2.5) à des niveaux équivalents à 80 % des émissions observées avant le confinement, et jusqu’à 90 % pour le boulevard périphérique», indique Airparif.

«Les émissions de CO2 sont également reparties à la hausse, avec une augmentation jusqu’à 80 % des niveaux habituels», précise Airparif.

En termes de qualité de l’air, cette remontée des émissions se traduit par un «retour à la normale (…) graduel, avec une intensité variable suivant les polluants. Mais d’ores et déjà les niveaux de pollution se rapprochent des conditions habituelles en Ile-de-France à cette période de l’année».

La situation en France au début du confinement. Cliquez sur la carte pour la faire apparaître en entier.

Ainsi, pour les particules fines, «après une diminution de -7 % pendant le confinement, les niveaux observés habituellement à cette période de l’année sont atteints de nouveau», alors que pour le dioxyde d’azote, la baisse de concentration dans l’air «est passée de -25 % pendant le confinement à -15 % sur les 3 premières semaines de déconfinement».

Cette remontée de la pollution, notamment due au trafic routier, était attendue et a également été observée par d’autres Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air régionales, comme en Occitanie ou en Nouvelle Aquitaine, sans encore revenir aux niveaux d’avant le confinement.

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